Un pouvoir sourd et arrogant face à la mobilisation populaire !

Un pouvoir sourd et arrogant face à la mobilisation populaire !
Plus de 45 000 personnes ont défilé à Lyon le 19 mars dernier. En rang serrés, syndicats, étudiants, enseignants chercheurs et partis politiques ont protesté contre la politique injuste et inefficace du pouvoir en place.

Le Front de gauche a pris toute sa part à cette très belle mobilisation. Nous appelons à l'unité à la fois dans les luttes et dans les urnes contre ce gouvernement qui, manifestement, ne veut rien entendre et persiste dans ses choix désastreux pour notre pays.

# Posté le samedi 21 mars 2009 19:59

Modifié le mardi 24 mars 2009 09:31

Interview de Christian Picquet, membre du NPA dans le Front de gauche

Interview de Christian Picquet, membre du NPA dans le Front de gauche


LeCourant.info : Vous avez proposé dimanche la création d'un nouveau mouvement « Gauche Unitaire ». Olivier Besancenot vous reproche de vous être vous-même mis en dehors du NPA. Que lui répondez-vous ?


Christian Picquet : C'est une façon singulière de régler un différent politique, qui rappelle le temps du stalinisme, où l'on disait que les minoritaires et les opposants s'excluaient seuls du parti. J'ai annoncé la construction d'un mouvement politique de gauche unitaire, qui sera dans le Front de Gauche et qui mènera campagne. Mais je ne souhaite pas contribuer à l'éparpillement de la gauche radicale. Mon souci est davantage de perpétuer la tradition unitaire du NPA et de la LCR, y compris auprès de formations non trotskystes, de leur permettre d'accorder leur conviction et leur pratique en abordant les Européennes sous l'étiquette la plus unitaire possible, à gauche du PS.

Quitter le NPA, ce n'est pas une option que vous envisagez ?

Mon problème n'est pas celui là, je ne vais pas pour le moment quitter le NPA. Mon parti a pris une lourde responsabilité en refusant la main tendue par le Front de Gauche. Cette décision politique va à rebours de toutes mes convictions. Elle s'oppose aux nécessités de l'heure actuelle, soulevées par la crise du capitalisme. On annonce chaque jour dans toute l'Europe, des milliers de suppressions de postes et de fermeture d'entreprises. Ces attaques soulèvent une colère qui va s'exprimer le 19 mars dans le cadre du mouvement syndical français. Dans un tel contexte, une offre à la hauteur est nécessaire, et aucune force politique actuelle ne peut l'apporter seule. La proposition du PCF et du PG était raisonnable. Il s'agissait de présenter une réponse politique que le PS ne peut pas apporter, vu son soutien à l'Europe libérale. Si on veux proposer une alternative crédible qui donne envie aux gens d'aller voter, il faut se rassembler. Le repli autarcique de mon parti sur des calculs boutiquiers m'est apparu désastreux. Nous avons donc choisit de nous présenter pour cette élection Européenne sous la bannière qui nous paraissait la plus unitaire.

« Repli autarcique », « calculs boutiquiers »...Un sondage paru dans le Monde crédite pourtant le NPA de 9% des intentions de vote.

Besancenot est crédité de son parler franc face à la politique du gouvernement. Mais il sortira autre chose du verdict des urnes. Je crains que mes camarades ne se croient réellement seuls face à la dérive du parti socialiste, seuls face à l'UMP et à Nicolas Sarkozy. C'est une intoxication provoquée par l'enferment dans la bulle sondagière (sic) et médiatique.

La stratégie d'Olivier Besancenot n'est donc pas la bonne selon vous ?

Olivier Besancenot, dont je ne conteste pas la légitimité, parle comme moi un langage de gauche. Il devrait donc faire primer les intérêts du peuple avant ce qu'il croit être les intérêts du NPA. En ne le faisant pas, il donne l'impression aux électeurs de se comporter comme les autres politiciens. Des millions de gens n'en peuvent plus de la politique menée par le pouvoir, et expriment par leur mobilisation une volonté d'unité dans le rapport de force, comme on vient de le voir aux Antilles. Mes camarades vont à l'encontre de cette attente d'une offre politique large et vraiment à gauche, qui propose des mesures de rupture avec le capitalisme libéral en faillite. Ceux qui auront fait le choix de l'unité auront une prime dans le vote des électeurs, j'en suis convaincu.

Dans ce cas là, pourquoi ne pas avoir rejoint le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon ?

Sur le moyen terme, je suis pour la création d'un nouveau parti qui rassemble toutes les tendances de la gauche radicale, à la manière de Die Linke en Allemagne, qui a fédéré des cultures politiques très différentes. Notre objectif avec Jean-Luc Mélenchon, est de construire une dynamique. Il ne s'agit pas d'aller dans un autre parti, il faut redistribuer les cartes au sein de la gauche. Je crois que cette « gauche de gauche » est majoritaire parmi les électeurs, sur ses options de rupture avec le capitalisme. Elle peut devenir majoritaire dans les urnes. Je n'entend cependant pas renier ma tradition politique, mais mon ambition va au delà d'une alliance électorale. Pour la première fois deux partis le PCF et le PG tendent la main à la tradition de l'extrême gauche, il faut la saisir. Quelque chose à bougé, il faut ouvrir une dynamique plus large.

Ce processus unitaire peut-il se faire sans le NPA ?

On va travailler a interpeller les militants du NPA par l'exigence d'unité. Le meeting du zénith est une démonstration de cette attente. Réunir à froid 6000 personnes, alors que l'échéance est encore loin, peu de forces peuvent le faire. Je fais ce que le NPA entier aurait du faire. Je suis là pour sauver l'honneur d'une tradition politique, dont l'héritage historique aurait dû l'amener à rejoindre le Front de gauche. Si la campagne unitaire s'ancre sur le terrain, je ne doute pas que les militants du NPA se rendent compte de l'impasse dans laquelle ils s'engagent. L'isolement est mortifère et sans issue. Le NPA continue à regrouper en son sein une expérience militante et des milliers de militants d'une valeur inestimable. Loin de moi l'idée de mépriser ces personnes comme l'a fait Olivier Besancenot avec moi. Le NPA n'est pas mon adversaire puisque j'en ai toujours la carte. Je constate que pour lui faire retrouver le chemin de la raison il faut construire une dynamique hors du parti, à ses flancs, pour qu'ils retrouvent la voie de l'unité. Je m'y emploierai jusqu'au dernier instant, au dépôt des listes.

Êtes-vous prêt à ouvrir votre démarche unitaire jusqu'au Parti Socialiste ?

J'ai aucun espoir de voir les Strauss-Kahn, Delanoë, Aubry ou Royal se repositionner. Ils n'ont rien compris à la faillite de l'accompagnement du capitalisme. Je différencie la direction du PS de ses militants et de ses électeurs. La base socialiste aspire massivement à la même politique de rupture que nous. La direction, elle, est dans une logique d'accompagnement du capitalisme, comme tous les partis socialistes européens qui ont choisi de signer il y a quelques semaines à Lisbonne, le « manifesto » (programme du parti socialiste européen, ndlr). Or ce traité grave dans le marbre toutes les politiques libérales et capitalistes qui ont conduit à la crise systémique et civilisationnelle que traverse actuellement la planète. La question n'est pas de faire revenir à gauche la direction du PS mais de changer le rapport de force. Il faut faire en sorte que la gauche radicale, c'est à dire fidèle à des valeurs de transformation sociétales, devienne majoritaire au sein de la gauche. Pour y arriver, il faut gagner de nouveaux secteurs de l'électorat et des militants socialistes.

Besancenot ne sera pas tête de liste aux européennes, comment interprétez-vous de ce choix ?

Je crains que Besancenot ne rêve de refaire un mai 68 sans en avoir tiré les leçons. Cela fait partie des choses qui me laissent pantois. En tant que parti on ne peu pas renoncer à exister sur le champ électoral. Sauf à penser que les luttes vont produire par elles mêmes leur propre débouché politique, ce qui ne s'est encore jamais vu. Il est nécessaire d'investir tous les terrains. Les européennes sont une échéance politique de première importance : c'est le première scrutin national depuis 2007 et le dernier avant 2012. Donner l'illusion de le mépriser, se targuer de ne pas vouloir occuper le champs des institutions, c'est de l'infantilisme pur. Besancenot aurait dût être candidat pour prolonger sa présence dans les luttes sur la scène électorale, plutôt que de donner le sentiment qu'il méprise ceux qui se rendent aux urnes. On ne fait pas l'économie de ce genre de rendez-vous.

Propos recueillis par Marc de Boni

# Posté le vendredi 13 mars 2009 11:36

Un soutien au-delà des frontières pour le Front de gauche

Un soutien au-delà des frontières pour le Front de gauche
Plusieurs personnalités progressistes du monde ont exprimé leur soutien au Front de gauche, qui tenait dimanche 8 mars son premier grand meeting au Zénith de Paris.

Le texte publié par Evo Morales, le président bolivien, est riche en symboles. Morales est un homme de gauche, un militant altermondialiste qui n'a pas de langage depuis son accession à la présidence. Alors que le Parlement européen s'apprêtait à approuver la directive « retour » qui permet de placer des étrangers dans des centres de rétention pendant dix-huit mois, le président bolivien rédigeait un appel solennel qui malheureusement ne fut pas entendu par la majorité des eurodéputés.

Lothar Bisky et Oskar Lafontaine président ensemble Die Linke (La Gauche, en allemand), la nouvelle force politique qui s'est imposée dans le paysage de la République fédérale. Die Linke a fait son entrée au Bundestag, dans de nombreux Parlements régionaux, et siège au Parlement européen dans le groupe de la Gauche unitaire. Sa liste conduite par Lothar Bisky poursuit les mêmes objectifs transformateurs que le Front de gauche.

Le message de Leïla Shahid est un geste de reconnaissance du combat des eurodéputés de la GUE, une paix juste au Proche-Orient passant par la création d'un État palestinien. Les communistes Francis Wurtz, président du groupe GUE, et Luisa Morgantini, vice-présidente du Parlement européen, déploient une intense activité de solidarité avec les Palestiniens et les pacifistes israéliens.

L'Europe doit regarder vers son sud et agir en faveur du codéveloppement du continent africain. Les peuples d'Afrique, dont la militante altermondialiste Aminata Traoré est une fervente avocate, ont été blessés par l'insulte qu'a constituée pour eux le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy. L'Afrique a besoin de l'Europe partenaire et non d'une Europe forteresse au pont-levis dressé.

Jean-Paul Piérot - L'Humanité
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# Posté le jeudi 12 mars 2009 04:21

Succès du meeting unitaire de Lyon du 10 mars 2009

Succès du meeting unitaire de Lyon du 10 mars 2009
On peut se demander à quoi jouent les médias locaux et nationaux.
En effet, l'absence d'information du meeting d'hier vient s'ajouter la très faible couverture médiatique de notre grand meeting national d'ouverture du 8 mars au Zénith. Le Progrès d'hier ne fait par exemple état du Front de Gauche que pour dire que Besancenot ne sera finalement pas ...tête de liste aux prochaines élections européennes mais n°3 !

Mais quid du meeting ? Rien.

Malgrè cela, plusieurs centaines de personnes sont venues assister à notre grande réunion publique et unitaire. La soirée a été riche puisque plusieurs acteurs sociaux sont venus témoigner de leur quotidien (un syndicaliste de l'Education nationale, un enseignant chercheur, une assistante sociale, un sydicaliste d'une entreprise privée, un maire, une militante au planning familial, une directrice d'un théâtre, une militante du mouvement pour la paix, un militant du collectif Palestine 69...). Par ailleurs, une représentante du parti de la gauche radicale de Grèce est venue parler de la situation de son pays.

A cette soirée, il était question d'Europe, d'unité, d'unité et d'unité !

Plusieurs intervenants ont ainsi insisté sur l'urgente nécessité de donner un débouché politique aux différentes luttes sociales, comme par exemple à celle du 19 MARS PROCHAIN. Pour cela, il faut se rassembler ! Aucune force politique, seule, isolée, n'est en mesure de proposer cette offre politique et de gagner. Comme l'a rappelé Christian PIQUET, membre de l'ex-LCR d'Olivier Besancenot, toute aventure personnelle ne peut se révéler qu'hasardeuse et dramatique pour le pays.

Il faut le rassemblement pour changer radicalement les choses. C'est la révolution par les urnes. Dépasser le capitalisme et construire un nouveau modèle économique, sociale, solidaire et écologique. On le voit bien, la crise actuelle a d'ailleurs fait avancer nos idées. La nationalisation des banques dans un grand pôle public n'est plus un gros mot. De même, nos concitoyens ont aujourd'hui conscience qu'une planification écologique est nécessaire...

Pour ce faire, il est urgent de changer d'Europe. Francis WURTZ, euro-député, l'a très bien rappelé. La commission et les autres institutions européennes sont obsédées par le sacro-saint principe de la concurrence libre et non faussée. L'état actuel de l'Union ne permet aucune mesure protectionniste à l'intérieur et à l'extérieur de l'Europe. Aucune possibilité d'harmonisation fiscale ou sociale n'est possible dans la configuration européenne actuelle.

Francis WURTZ a également parfaitement rappelé que les modèles libéraux ou socio-libéraux que l'on vantait encore hier sont aujourd'hui en grande difficulté. Les exemples de l'Irlande et de l'Espagne sont parlants. Le premier pays, longtemps considéré comme l'eldorado des firmes internationales, parce qu'ayant un taux d'imposition des entreprises proches de 0, est actuellement au bord de la faillite. L'Espagne de Zapatéro, modèle à penser de Ségolène Royal, risque de connaitre en 2009 un taux de chômage de 14 %.

Disons le clairement. Le capitalisme tue les Etats et appauvrit les peuples. Il s'agit d'un modèle qui, au delà de provoquer une crise sociale tous les 10 ans, détruit notre environnement et corrompt les rapports humains. "Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage" disait Jaurès.

Les élections européennes du 7 juin sont donc une chance historique d'exprimer ensemble une voix qui soit entendue. A l'image de notre merveilleuse campagne pour le "NON" au référendum sur le TCE en 2005, il faut porter haut et fort nos idées. Claude DEBONS, un des responsables nationaux du Parti de gauche l'a très bien dit. Nous devrons mener une campagne de terrain, dans les quartiers, dans nos villes et campagnes, dans nos immeubles, dans nos entreprises et universités, autour de nous, PARTOUT...

Pour dire deux fois non. Non à la politique de Sarkozy et non au Traité de Lisbonne (que seuls quelques parlementaires Mélenchon et Dollez du PG et ceux du PCF ont rejeté lors du vote au congrès).

# Posté le mercredi 11 mars 2009 06:36

Le Président de la Bolivie Evo Morales soutient le Front de gauche.

Le Président de la Bolivie Evo Morales soutient le Front de gauche.
Evo Morales salue l'unité de la gauche « Compañera » Marie-Georges Buffet, « Compañero » Jean-Luc Mélenchon, « Compañero » Francis Wurtz, tous les » compañeros y compañeras», amis et amies du Front de gauche de France réunis pour votre meeting de lancement :

Je salue l'unité de la gauche !

Depuis la Présidence de la Bolivie, permettez-mois de vous envoyer un salut très cordial, affectueux et solidaire à l'occasion de votre réunion de ce 8 mars, jour des femmes. Une date très opportune pour promouvoir un projet d'unité de la gauche. L'Humanité est confrontée au changement climatique et à une crise financière qui nous obligent plus que jamais, nous révolutionnaires du monde, à nous unis pour affronter le capitalisme. C'est pourquoi nous nous réjouissions d'apprendre que vous vous avez formé un Front de Gauche afin d'additionner vos forces contre le capitalisme à l'occasion des prochaines élections européennes. Notre parti, le Mouvement au Socialisme - Instrument pour la Souveraineté des Peuples (MAS-IPSP) a uni les secteurs politiques de gauche et les organisations indiennes, ce qui nous a permis d'accéder au gouvernement. Nous travaillons tous pour changer la mentalité sectaire, et ainsi substituer le capitalisme qui règne en maître.

Nous savons que vous tous vous êtes mobilisés pour les mêmes causes pour lesquelles nous luttons ici, et que vous avez été solidaires de nos luttes. Comme nous, vous luttez contre la directive du retour de immigrés, -appelée la directive de la honte-, qui soumet nos compatriotes aux humiliations, et qui est une honte pour l'Europe ; nous luttons ensemble contre le pillage de nos richesses et contre la privatisation des services publics dans le monde entier. En Bolivie, notre Constitution établit que l'accès à l'eau et aux services publics essentiels est reconnu comme un droit humain.

Vous êtes, comme nous, engagés contre la signature de traités de libre-échange entre l'Union européenne et les pays en développement, qui signifient le prolongement du colonialisme sous de nouvelles formes. Nous sommes engagés en faveur de l'établissement de relations internationales entre les peuples fondées sur la coopération, la solidarité et la complémentarité. Comme nous, vous luttez pour le respect de la "Tierra Madre" et pour le respect de l'environnement. Afin que les travailleurs des campagnes et des villes de nos pays puissent "VIVRE BIEN", en harmonie avec tous les êtres humains et avec la nature.

Voici quelques exemples des causes pour lesquels nous luttons ensemble et pour lesquels nous devons renforcer notre coopération.

Nous avons besoin d'une gauche européenne forte, pour le bien de l'Humanité.

Nous vous souhaitons une réunion fructueuse, une campagne efficace et d'excellents résultats électoraux le 7 Juin prochain.

Evo Morales Ayma

Président de la Bolivie Etat plurinational communautaire
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# Posté le lundi 09 mars 2009 11:49